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Réussir dans le secteur de la mode à Lagos: rêve ou réalité pour les créateurs nigérians ? [FR/EN)

11 Sep, 2019 • by Fashionomics Africa
Réussir dans le secteur de la mode à Lagos: rêve ou réalité pour les créateurs nigérians ? [FR/EN)
Fashionomics Africa

Réussir dans le secteur de la mode à Lagos : rêve ou réalité pour les créateurs nigérians ?

Contrairement à ce que beaucoup de personnes pourraient croire, Lagos n’est pas la capitale du Nigeria. Certes, ce sont les villes les plus mouvementées et peuplées qui sont généralement considérées comme capitales de leur pays respectif. Mais il y en a quelques-unes, comme Cotonou, Abidjan et bien sûr Lagos, qui échappent à cette règle. A vrai dire, depuis 1991, le statut de capitale du Nigeria revient à Abuja. Pourtant, avec ses 20 000 000 d’habitants, il est évident que Lagos est plus « bouillant » qu’Abuja dont la population a été estimée à environ 2 400 000 personnes en 2015. Mais si Lagos peut être considérée comme la capitale de beaucoup de choses, ce n’est clairement pas celle du Nigeria.

La population de Lagos : un facteur de réussite ?

Lagos, c’est la capitale du business au Nigeria. Après tout, Aliko Dangote, l’homme le plus riche d’Afrique, y est basé. On peut également dire que c’est la capitale du film puisque c’est la ville qui abrite la 3e plus importante industrie du film au monde (Nollywood). Mais c’est aussi la capitale de la mode. Pour certains habitants de la ville, il n’y a pas meilleur endroit que Lagos pour organiser des événements de mode. L’énergie, l’ambiance, la population, c’est tout simplement incroyable. Pourtant, il y a encore quelques années, la mode n’était qu’un divertissement à Lagos, et dans l’ensemble du pays. Personne ne se préoccupait de la manière dont les designers pouvaient faire pour vivre convenablement de leur art. Puis, il y a eu des événements comme la Fashion Week de Lagos, et beaucoup de choses ont changé.

D’autres organisateurs d’événements considèrent Lagos comme une frontière entre les pays du tiers monde et les pays développés. Lorsqu’on vit dans cette vaste métropole, on a accès au même type d’informations que les personnes qui vivent dans les pays développés. Cela est souvent considéré comme un avantage parce qu’on peut facilement se mettre à jour en ce qui concerne les tendances du moment. Malgré le fait qu’il reste beaucoup de choses à faire à Lagos, les habitants restent toujours très positifs. Tout le monde à Lagos sait qu’il peut avoir une chance de réussir. Mais pour réussir, la visibilité seule ne suffit pas, même si c’est un excellent point de départ.

Autres facteurs de réussite importants

Pour créer une marque de mode rentable, il faut contrôler la chaîne de valeur, de l’idée à l’approvisionnement des matériaux, de la production à la vente, etc. Et il faut aussi de l’argent. Mais ce n’est pas évident de maitriser cette chaîne, encore moins lorsqu’on est un entrepreneur qui débute dans le secteur de la mode. Si le fait d’être dans une ville très peuplée est un avantage, ce n’est pas suffisant. Il y a d’autres facteurs très importants qu’il faut aussi prendre en compte.

L’originalité : Ce qu’on attend d’abord d’un designer, c’est de l’originalité. Il faut que ce dernier puisse faire la différence entre lui et d’autres designers. A Lagos, il y a des centaines de designers. Malheureusement, tout le monde ne peut pas se retrouver au sommet. Il est donc important de miser sur l’originalité. C’est certainement ce qui va d’abord convaincre un investisseur. Il est sûr que celui sur qui il investit ne va pas manquer d’idées à long terme.

L’engagement : Il n’y a qu’une ligne qui sépare l’originalité et l’engagement. Ce deuxième facteur est donc tout aussi important que le premier. Et pour cause, il y a de nombreux défis à relever lors du démarrage d’une activité. Pour savoir si un designer est engagé dans ce qu’il fait, il faut étudier son parcours. Et le meilleur moment, c’est au début. Plus l’entrepreneur s’investit dans ce qu’il fait, même avec de petits moyens, plus il est engagé. Une fois que l’investisseur sait qu’il ne perdra pas de vue son rêve et qu’il est prêt à travailler doublement pour y arriver, il est confiant. Il faut ce petit quelque chose qui donne envie de survivre. Et les entrepreneurs qui survivent sont généralement ceux qui n’abandonnent jamais.

Adaptabilité : Pouvoir s’adapter au marché sur lequel on évolue est le dernier facteur à prendre en compte pour s’assurer la réussite dans une industrie aussi concurrentielle que celle de la mode au Nigéria. Mais ça ne s’arrête pas là. Il existe une grande différence entre un designer qui veut simplement pratiquer son art et celui qui cherche à s’investir dans un projet pour pouvoir le commercialiser. L’investisseur ne s’intéresse pas forcément à la visibilité dont bénéficie un designer dans les médias. Ce qui compte le plus pour lui dans un premier temps, ce sont les états financiers de l’entreprise. Dès que vous avez dépassé le stade des idées et que vous commencez à réaliser un chiffre d’affaires, tout devient un jeu de chiffres. Mais en dehors du marché local, il faut aussi pouvoir s’adapter aux autres marchés.

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Succeed in Lagos: dream or reality for fashion designers?

Contrary to what many people might think, Lagos is not the capital of Nigeria. Admittedly, it is the most hectic and populated cities that are generally considered as capitals of their respective countries. But there are some, like Cotonou, Abidjan and of course Lagos, who escape this rule. Since 1991 Nigeria's capital is Abuja. However, with its 20,000,000 inhabitants, it is obvious that Lagos is more hectic than Abuja whose population was estimated at about 2,400,000 people in 2015. But if Lagos can be considered as the capital of many things, it's clearly not Nigeria's capital.

The population of Lagos: a factor of success?

Lagos is the business capital of Nigeria. After all, Aliko Dangote, the richest man in Africa, is based there. It may also be the capital of the film since it is the city that houses the 3rd largest film industry in the world (Nollywood). But it is also the capital of fashion. For some residents of the city, there is no better place than Lagos to organize fashion events. The energy, the atmosphere, the population, everything is incredible. Yet just a few years ago, fashion was only entertainment in Lagos, and across the country. No one was worried about how designers could do to live from their art properly. Then, there were events like Lagos Fashion Week, and a lot of things has changed.

Other event organizers consider Lagos as a border between Third World countries and developed countries. When you live in this vast metropolis, you have access to the same type of information as people living in developed countries. This is often seen as an advantage because you can easily update yourself with current trends. Despite the fact that there is still much to do in Lagos, the locals are still very positive. Everyone in Lagos knows he could succeed. But to succeed, visibility alone is not enough, even if it's a great starting point.

Other important success factors

To create a profitable fashion brand, you have to control the value chain, from the idea to the supply of materials, from production to sales, and so on. And you also need money. But it is not easy to master this chain when you are an entrepreneur who starts in the fashion sector. If being in a populated city is an advantage, it is not enough. There are other very important factors to consider.

Originality: What is expected of a designer first is originality. This designer must produce creations that set him apart from other designers. In Lagos, there are hundreds of designers. Unfortunately, not everyone can be at the top. It is therefore important to focus on originality. This is what will first convince an investor who is sure that the one he is investing in will not let him down for lack of ideas.

Commitment: There is only one line separating originality and commitment. This second factor is therefore as important as the first, because there are many challenges in starting an activity. To know if a designer is engaged, you have to study his career. And the best time to do it is at the beginning. The more the entrepreneur invests in what he does, even with small means, the more he is engaged. When the investor knows that the entrepreneur will not lose sight of his dream and is willing to work doubly to get there, he is confident. It takes that little something that makes you want to survive. And the entrepreneurs who survive are usually the ones who never give up.

Adaptability: Being able to adapt to the market in which we operate is the last factor to be taken into account to ensure success in an industry as competitive as fashion in Nigeria. But it does not stop there. There is a big difference between a designer who wants to practice his art and one who seeks to invest in a project to market it. The investor is not necessarily interested in the visibility of a designer in the media. What matters to him at first is the financial statements of the company. As soon as you have passed the idea stage and you start to realize a turnover, the investor is even more interested. But outside the local market, you also have to adapt to other markets.

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