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« Rien ne se perd, tout se transforme » [FR/EN]

08 Oct, 2019 • by Fashionomics Africa
« Rien ne se perd, tout se transforme » [FR/EN]
Fashionomics Africa

« Rien ne se perd, tout se transforme »

Ce titre résume parfaitement ce dont il sera question dans la suite de cet article. Et ça aurait très bien pu servir de conclusion également. On ne le dira jamais assez, l'industrie du textile et de la mode en Afrique se doit d'être plus compétitive. Mais pour y arriver, elle a besoin de tous ses acteurs. Chacun doit y apporter sa pierre, à sa manière. L'Etat, c'est vous, c'est moi. Et quand nous attendons quelque chose de l'Etat, nous attendons quelque chose de nous-même. Certes, obtenir un financement pourrait aider à se développer, mais ce n'est pas le plus important. Il faut d'abord avoir un projet viable et qui profite à la société, le pousser avec les moyens de bord jusqu'au point d'être à bout de souffle, et là, peut-être qu'un investisseur ou une banque vous remarquera. Tout ça pour dire qu'il faut oser. Heureusement, des projets comme le projet de Valorisation des tiges du cotonnier en panneaux de particules (VATICOPP) nous permettent de voir un ciel sans nuages sombres à l'horizon. Alors de quoi est-il question exactement ?

Transformation des tiges du cotonnier : quels avantages ?

Dans la plupart des pays d'Afrique de l'Ouest qui produisent du coton, les tiges de cotonnier sont considérées comme des déchets bons à jeter. Pendant plus d'un demi-siècle, ce sont donc des millions de tiges de cotonnier qui ont été brûlés après les récoltes. Il n'y avait qu'une petite partie qui était conservée comme bois de chauffage pour les ménages ruraux, pour la fertilisation organique et pour nourrir le bétail. Toutefois, cette réalité pourrait bientôt changer. En effet, les premiers meubles, à savoir des portes, des guéridons, des tabourets, etc., tous fabriqués à partir de panneaux de particules à base de tiges de cotonnier ont été réalisés.

Ils proviennent de trois unités pilotes mises en place au Bénin, au Mali ainsi qu'au Togo, trois gros producteurs de coton en Afrique de l'Ouest. Cela signifie près de 1,6 millions de tonnes de tiges qui seront transformées après la récolte dans ces trois pays. Initié par l'Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), le projet VATICOPP a pour objectif d'offrir une source de revenus supplémentaires aux petits producteurs, entre autres. Les panneaux de particules constituent un substitut fiable du contreplaqué qui est très utilisé en menuiserie. Ils peuvent donc être utilisés comme faux plafonds, panneaux muraux, carreaux de sol ou encore articles de meuble.

En plus de l'avantage que ces panneaux offrent sur le plan économique, ils ont également pour avantage de s'intégrer parfaitement dans les maisons résidentielles et commerciales, les hôtels, les bâtiments scolaires, etc. Par ailleurs, les experts affirment que c'est bénéfique pour l'environnement étant donné que cela limite l'énorme pression exercée sur les forêts pour fabriquer des meubles.

De la matière première disponible à volonté

Le développement du projet de Valorisation des tiges du cotonnier en panneaux de particules (VATICOPP) devrait pouvoir se faire sans grandes difficultés puisque la matière première est disponible. D’après une étude réalisée par la revue scientifique Tropicultura, le potentiel de production annuelle de tige de cotonnier au Mali, au Bénin ainsi qu’au Togo avoisinerait 2 millions de tonnes. En dehors des unités pilotes, il est prévu d’installer d’autres unités de transformation et de communiquer les avantages de ces unités aux populations locales. Entre autres avantages, cette initiative permettra d’augmenter les revenus des cotonculteurs, de créer des emplois, de limiter les importations de contreplaqué, et d’épargner des devises qui pourront être réinvestis dans l’industrie du textile pour une croissance économique durable. C’est possible d’y arriver, mais pour ça, les populations locales doivent jouer un rôle décisif. Pour réussir le projet, ce sont des centaines, voire des milliers de machines qui seront utilisées. Ces machines ont un coût, et il faudra en prendre soin plutôt que de les abandonner à la rouille. Un bon usage des équipements est donc indispensable pour la bonne marche du projet VATICOPP.

A l’heure où nous parlons, aucun pays d’Afrique de l’Ouest ne peut à lui tout seul se comparer aux Etats-Unis, à la Chine ou à l’Inde en termes d’exportation ou même de production de coton. Mais ensemble, l’Afrique de l’Ouest occupe aujourd’hui la 3è place sur le plan mondial. Dans la filière coton, il y a donc des possibilités énormes pour créer des revenus et réduire la pauvreté dans des pays comme la Côte d’Ivoire, le Nigéria, le Bénin, ou encore le Mali. Avec la bonne technologie et l’implication des populations locales, nous pouvons transformer les tiges de cotonnier en panneaux de particules rentables aussi bien sur le plan économique qu’environnemental.

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Nothing is lost, everything is transformed

This title summarizes perfectly what will be discussed in this article. And that could very well have been a conclusion too. We can never reiterate enough that textile and fashion industry in Africa must be more competitive. But for that, she needs all her stakeholders. Everyone must contribute, in their own way. The state, it’s you, it's us. And when we expect something from the state, we expect something from ourselves. Of course, getting funding can help grow, but it's not the most important. We must first have a viable project that benefits society, push it with the means we have until we are out of breath if possible, and there, maybe an investor or a bank goes you notice. All that to say that we must dare. Fortunately, projects like VATICOPP allow us to see a clear sky in sight. So, what’s all this about exactly?

Cotton stem transformation: what benefits?

In most West African countries that produce cotton, cotton stems are considered as waste. For more than half a century, millions of cotton stalks have been burned after the harvest. There was only a small portion that was kept as firewood for rural households, for organic fertilization and for livestock feed. However, this reality may soon change. In fact, the first furniture (doors, pedestal tables, stools, etc.), all made from particle board based on cotton stems, were made.

They come from three pilot units set up in Benin, Mali and Togo, three big cotton producers in West Africa. This means nearly 1.6 million tonnes of stems that will be processed after harvest in these three countries. Initiated by the West African Economic and Monetary Union (WAEMU), the VATICOPP project aims to provide an additional source of income for small producers, among others. Particle board is a reliable substitute for plywood, which is widely used in carpentry. They can therefore be used as false ceilings, wall panels, floor tiles or furniture items.

In addition to the economic advantages of these panels, they also have the advantage of integrating perfectly into residential and commercial homes, hotels, school buildings, and so on. In addition, experts say it's good for the environment as it limits the enormous pressure on forests to make furniture.

Raw material available ad libitum

The development of the project for the Valorisation of Cotton Stems in particleboard should be done without much difficulty since the raw material is available. According to a study by the scientific journal Tropicultura, the potential annual production of cotton stems in Mali, Benin and Togo would be around 2 million tons. Apart from the pilot units, it is planned to install other processing units and to communicate the benefits of these units to the local populations. Among other benefits, this initiative will increase cotton farmers' incomes, create jobs, limit plywood imports, and save foreign exchange that can be reinvested in the textile industry for sustainable economic growth. It is possible to achieve this, but for that, local people must play a decisive role. For the success of the project, hundreds of machines will be used. These machines have a cost, and it is important to take care of them rather than abandon them to rust. A good use of equipment is therefore essential for the smooth running of the VATICOPP project.

As we speak, no country in West Africa can compare with the United States, China or India in terms of exports or even cotton production. But together, West Africa today ranks 3rd in the world. In the cotton sector, there are huge opportunities to create income and reduce poverty in countries like Côte d'Ivoire, Nigeria, Benin, and Mali. With the right technology and the involvement of local people, it is possible to transform cotton stems into particle boards that will be economically and environmentally profitable.

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