Le circuit de distribution : un frein pour les créateurs africains ?

Le circuit de distribution : un frein pour les créateurs africains ?

L’industrie de la mode englobe la conception, la fabrication, le marketing, et la distribution. On parle beaucoup de l’aspect conception, marketing et fabrication, mais qu’en est-il de la distribution en Afrique subsaharienne. Car, il ne faut pas l’oublier, il n’y a pas de vente sans distribution. Quand un designer crée un produit, il s’attend bien évidemment à ce que ça soit vendu. Mais il ne s’agit pas seulement de vendre ce produit localement. D’ailleurs, ce n’est pas la meilleure option pour réaliser un bon chiffre d’affaires, surtout lorsqu’on vit dans un pays avec moins de 10 millions d’habitants comme le Togo, le Gabon, la Sierra Leone ou encore le Liberia.

Par contre, cette option de vendre uniquement sur un marché local peut convenir à des créateurs vivant dans des pays avec une forte population. Cas du Nigéria par exemple, ou de l’Ethiopie. Mais là encore, ça dépend de ce qu’on s’est fixé comme objectifs. Si on veut développer son business de sorte à être connu à l’international, il faut voir grand. Et pour voir grand, il faut sortir de chez soi. Toutefois, l’accès au marché international n’est pas facile, même si des mesures ont été prises par les autorités africaines pour faciliter la circulation des biens.

La libre circulation des personnes et des biens

Pour favoriser l’intégration commerciale au sein de ses Etats membres et impulser la libre circulation des personnes et des biens, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a mis en place une union douanière et économique. L’enjeu de cette initiative est de renforcer la capacité commerciale des pays de l’espace CEDEAO afin de les rendre plus compétitifs à l’heure de la mondialisation de l’économie. Dès sa création en 1975, la CEDEAO a fait de la libre circulation des personnes et des biens l’un de ses objectifs principaux. Cette initiative consiste à permettre aux marchandises et produits originaires des Etats qui composent la CEDEAO de franchir les différentes frontières de l’espace sans être soumis aux droits de douane et autres taxes. Ces taxes frappent donc désormais uniquement les produits étrangers. Il faut dire que c’est une excellente initiative qui fait beaucoup de biens à toutes les personnes qui ont des produits ou des marchandises à faire sortir de chez eux.

Un circuit de distribution trop cher

Si la libre circulation des personnes et des biens est un bon moyen de faciliter la tâche aux fournisseurs de produits, il reste encore des problèmes à régler avant que la distribution en Afrique soit vraiment bénéfique. En fait, on n’a pas toujours le temps de voyager d’un pays à un autre alors qu’on a un business à gérer. Faire un aller-retour entre le Nigéria et le Bénin, c’est faisable sans avoir à dépenser beaucoup d’argent. Mais prenons par exemple le cas d’un designer basé à Lagos qui souhaite vendre son produit à Cape Town. La commande est effectuée, et il doit envoyer le colis à son acheteur. Mais l’acheteur doit payer les frais de livraison qui s’élèvent à 30 000 FCFA alors que le produit lui-même coûte 20 000 FCFA. C’est une raison suffisante pour désister à l’achat à moins d’avoir les moyens de sa politique. C’est malheureusement ce à quoi on assiste souvent.

En fait, les créateurs doivent faire appel à des services de livraison pour satisfaire leur clientèle internationale. Mais le problème est que ces services coûtent excessivement chers. Il faut pouvoir mettre en place des services de livraison qui facilitent la vie aux commerçants. Et ça, c’est une initiative qui peut venir des Etats africains. Pour le moment, ce secteur est assuré par des entreprises privées qui doivent penser aussi à faire des profits comme toute entreprise. Mais si un service public est mis en place, les designers pourraient plus facilement envoyer leurs produits dans des endroits éloignés sans avoir à payer des montants exorbitants.

Le secteur de la distribution en Afrique a subi plusieurs changements au cours des dernières années. Ce sont des changements qui ont fait beaucoup de bien à cette industrie. Avec plus d’initiative comme la libre circulation des personnes et des biens, il arrivera un moment où les créateurs seront plus performants. Car il ne faut pas oublier que la distribution peut être liée à la performance. En effet, lorsqu’on sait qu’on peut vendre ses créations à des gens partout dans le monde, cela peut pousser à être plus performants afin d’être sûr de satisfaire tout le monde. Que ce soit la conception, la distribution, le marketing, tous ces concepts sont liés et indispensables pour le développement de l’industrie de la mode en Afrique.

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