Nouvelles discussions autour du coton en Afrique et dans les pays les moins avancés

Nouvelles discussions autour du coton en Afrique et dans les pays les moins avancés

Le 7 octobre 2019, plusieurs représentants des partenaires au développement, des pays producteurs de coton ainsi que des gouvernements donateurs se sont donnés rendez-vous au siège de l’Organisation Mondiale du Commerce à Genève. Cette conférence avait pour but d’examiner de près les initiatives et divers programmes mis en place ou prévus pour aider les producteurs de coton africains et ceux vivant dans les pays les moins avancés. On ne le dira jamais assez, la filière coton a besoin d’être boosté. Une initiative de plus pour discuter des solutions à apporter dans le secteur n’est donc pas de trop.

Plusieurs défis à relever

La conférence organisée dans le cadre de la première « journée mondiale du coton » était l’occasion pour les partenaires technique et financier de faire le point de leur engagement en ce qui concerne le développement de la filière coton. L’OMC n’a jamais caché sa volonté de contribuer au développement de ce secteur. A cet effet, l’organisation ne manque aucune occasion d’inviter les divers partenaires à la coopération.

L’un des principaux défis à relever et dont il était question lors de cette conférence concerne la façon de calibrer les différents programmes d’aide au développement de sorte à pouvoir efficacement aider les agriculteurs. C’est un sujet très important, d’autant plus que les agriculteurs ne profitent pas des potentiels liés à la production du coton. Parfois, ils se retrouvent même à devoir rembourser des dettes alors qu’ils étaient censés rentabiliser leur production.

Un autre sujet ayant été abordé est celui de la transformation locale. Les derniers chiffres sont toujours aussi alarmants. En effet, seulement 19 000 tonnes de fibres ont été transformées en Afrique en 2018 sur plus d’un million de tonnes produites localement. Cela représente à peine 2% de produits transformés, révélant ainsi qu’il y a de nombreux potentiels qui ne sont pas suffisamment exploités. En effet, hormis les fibres de coton, il y a aussi les graines et les tiges du cotonnier qui devraient être mieux exploitées. Lorsqu’on prend le cas des graines de coton par exemple, c’est seulement 75% de ces graines qui sont utilisées pour produire de la farine et de l’huile. Les 25% restant sont donc inutilisées. Et pourtant, ces 25% qui sont jetés à la poubelle chaque année représentent une perte de 237 millions de dollars pour le continent africain. C’est pratiquement la même situation qu’on retrouve au niveau des tiges du cotonnier.

Que retenir de cette conférence du 7 octobre ?

Pendant la conférence, plusieurs engagements ont été prit par les différents gouvernements donateurs. Pour sa part, l’Inde prévoit de lancer la phase 2 du programme d’assistance technique pour le coton. Cette phase qui va s’étendre à cinq nouveaux pays africains, sur une période de 5 ans, sera axée sur la croissance de la production du coton. Elle prendra aussi en compte l’amélioration du secteur des sous-produits après les récoltes, de même que le renforcement des capacités de l’industrie du textile. De son côté, la Chine reste disposée à soutenir le secteur des sous-produits du coton ainsi que toute autre initiative prévue par ses partenaires en Afrique. Le Brésil quant à lui a déclaré avoir consacré 80 millions de dollars pour le renforcement de sa coopération avec les pays producteurs de coton d’Afrique, d’Amérique Latine et des caraïbes. Cette assistance a notamment permis au Bénin de devenir le premier producteur de coton en Afrique depuis la campagne 2018-2019.

Du côté des partenaires au développement, des résolutions ont été également prises. Pour exemple, la CNUCED est sur le point de mettre en place la première phase d’un projet dans 10 pays africains. Cette phase portera sur l’amélioration de la capacité des parties prenantes à élaborer des programmes à court et long terme pour booster le secteur des sous-produits du coton, l’amélioration des capacités des agriculteurs, ainsi que l’amélioration des capacités des décideurs politiques à formuler des politiques visant à soutenir les investissements commerciaux s’intéressant à la transformation des sous-produits du coton. Pendant les 50 dernières années, l’AFD a fourni un soutien équivalent à 1 milliard d’euros par le biais de subventions et de prêts pour moderniser la production et soutenir les agriculteurs. L’Agence internationale continuera bien évidemment à apporter sa contribution au développement du coton africain.

Si tous les engagements qui ont été pris dans le cadre de cette première journée mondiale du coton sont respectés, le coton africain retrouvera sans doute un second souffle. La transformation des sous-produits du coton est un sujet qui est revenu à plusieurs reprises au cours de la conférence. C’est une bonne chose, étant donné que les efforts doivent être plus concentrés sur certains secteurs que sur d’autres. La création d’emplois décents grâce à l’industrie du textile doit également être un sujet à traiter en priorité, surtout lorsqu’on sait que le taux de chômage dans les pays les moins avancés ne connait pas beaucoup d’amélioration.

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Nouvelles discussions autour du coton en Afrique et dans les pays les moins avancés

oct. 16, 2019
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